Expliqué
Fusion et prolongation : ce que votre prêteur vous propose vraiment
Un moyen d'obtenir le taux plus bas d'aujourd'hui sans payer de pénalité de rupture — à un taux qui n'est pas celui d'aujourd'hui. Savoir si l'affaire est meilleure dépend d'un chiffre que votre prêteur n'a aucune raison de mentionner.
Rédigé par Hermann Gael Nang-Song · Dernière révision : 25 août 2026Fondateur de LoonieLodge Inc., et auteur du moteur hypothécaire canadien sur lequel repose ce site.
Ce que fait réellement une fusion de taux
Vous en êtes à la deuxième année d'un terme de cinq ans, à un taux nettement supérieur à celui d'aujourd'hui. Vous pourriez rompre le prêt, payer la pénalité et prendre le nouveau taux — ou votre prêteur peut vous proposer de fusionner. La fusion établit la moyenne entre votre taux actuel sur les mois qu'il vous reste et le taux courant sur la prolongation, vous accorde cette moyenne comme nouveau taux contractuel et remet le terme à zéro. Aucune pénalité, puisque rien n'a été rompu.
Cette moyenne est pondérée dans le temps, et c'est le point à saisir : plus il reste de mois à votre ancien taux, plus la fusion est tirée vers lui. Deux ans restants sur une prolongation de cinq ans, ce sont deux cinquièmes d'ancien taux et trois cinquièmes de nouveau. La même offre un an plus tard serait sensiblement meilleure, puisqu'il resterait moins d'ancien taux à porter.
Certains prêteurs avanceront aussi de l'argent neuf dans la même opération, tiré au taux du jour plutôt qu'au taux fusionné. C'est un autre produit — une fusion avec augmentation — et le calcul en est modifié, car le capital ajouté ne porte aucune part de votre ancien taux.
La comparaison qu'on ne vous présente pas
Fusionner n'est pas gratuit ; cela ne s'accompagne simplement d'aucune facture. Le coût, c'est l'écart entre le taux fusionné et le taux du jour, payé chaque mois pendant tout le nouveau terme. L'économie, c'est la pénalité que vous n'avez pas versée.
La question relève donc de l'arithmétique : combien de mois de cet écart la pénalité évitée couvre-t-elle ? Si la réponse dépasse la durée du terme qu'on vous demande de signer, la fusion est l'option la moins chère. Si elle est inférieure, rompre et prendre le taux du marché l'emporte — et l'écart peut représenter plusieurs milliers de dollars dans un sens comme dans l'autre.
Deux éléments de cette comparaison sont présentés de façon asymétrique par les prêteurs. La pénalité est connaissable avec exactitude et votre prêteur la chiffrera si vous la demandez ; le taux fusionné, il le chiffrera sans qu'on le lui demande. Et sur un prêt fixe de grande banque, la pénalité se calcule habituellement selon la méthode du taux affiché, ce qui la rend élevée — ce qui fait paraître la fusion plus avantageuse, moins par hasard arithmétique que par construction de la tarification.
Exemple chiffré
Fusionner ou rompre, sur un même prêt
Un solde de 400 000,00 $ à 5,89 % avec 24 mois restants, face au taux courant de 4,29 %, prolongé sur un terme de 60 mois. Le taux fusionné s'établit à 4,93 %.
| Option | Taux | Paiement |
|---|---|---|
| Ne rien changer | 5,89 % | 2 824,11 $ |
| Fusionner et prolonger | 4,93 % | 2 613,40 $ |
| Rompre et prendre le taux du jour | 4,29 % | 2 477,40 $ |
La fusion fait économiser 210,71 $ par mois par rapport au statu quo, et coûte 136,00 $ par mois par rapport au fait d'avoir simplement le taux du jour. La pénalité évitée s'élève à 21 200,00 $ — de quoi couvrir cet écart de 136,00 $ pendant 156 mois. Comparez ce chiffre à la durée du terme qu'on vous demande de signer, et à vos propres projets : un prêt que vous comptez rompre de nouveau relève d'un autre calcul.
Demandez les deux chiffres dans la même conversation — le taux fusionné et la pénalité exacte pour rompre — puis divisez l'un par l'autre. Un prêteur qui ne cite que le premier cite la moitié qui avantage son offre.
Faites le calcul sur vos propres chiffres
La même arithmétique, appliquée aux données de votre prêt. Sans compte, et rien de ce que vous saisissez n'est conservé.
Sources
Sources primaires, nommées. Lorsqu'un chiffre découle d'une loi, nous en citons l'article, parce que c'est l'article que lira le juriste de votre prêteur.
- Financial Consumer Agency of Canada — Renewing and renegotiating your mortgage
- Bank Act, s. 449 — the prepayment charge a federally regulated lender must disclose
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À vocation pédagogique et informative seulement — il ne s'agit pas d'un conseil hypothécaire, financier, juridique ou fiscal donné par un professionnel agréé. Le contrat de chaque prêteur régit son propre prêt, et les montants présentés ici sont des estimations fondées sur des hypothèses énoncées, non des offres. Faites confirmer par votre prêteur et par un professionnel agréé tout ce sur quoi vous comptez agir.
Dernière révision : 25 août 2026
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